![]() Le Pakistan en pleine confusion après la mort de Benazir Bhutto
![]() Samedi à Rawalpindi, au Pakistan. (Reuters)
Alors que les émeutes ont fait au moins 38 morts depuis jeudi, la controverse autour des auteurs et des circonstances de l'assassinat de l'ex-opposante ne cesse d'enfler. Le gouvernement se dit prêt à exhumer le corps.
(AFP)
LIBERATION.FR : samedi 29 décembre 2007
Deux jours après l'assassinat jeudi de Benazir Bhutto, la tension reste très vive au Pakistan, où au moins 38 personnes ont péri dans des combats de rue depuis la mort jeudi de l'ex-leader de l'opposition.
Une nouvelle manifestation a éclaté samedi à Lahore, la grande ville du nord-est, où 10.000 personnes ont scandé des slogans anti-gouvernement et prié pour l'ancienne Premier ministre. Quelques heures plus tard, le président Musharraf ordonnait aux forces de sécurité de faire preuve de fermeté face aux émeutiers.
Certaines artères, essentiellement à Karachi, mégalopole de 12 millions d'habitants et fief du parti de Benazir Bhutto, portaient des traces des violences entre émeutiers et forces de sécurité qui ont reçu l'ordre vendredi de tirer à vue. 10.000 soldats des troupes paramilitaires y sont déployés. Au deuxième des trois jours de deuil national, boutiques, magasins d'alimentation, stations d'essence étaient presque tous fermés dans les grandes villes. Deux versions s'opposent sur les circonstances de la mort Les troubles sont exacerbés par la controverse autour des circonstances de l'assassinat jeudi de Benazir Bhutto, au point que le gouvernement s'est dit prêt samedi à exhumer le corps de l'ex-Premier ministre. Jeudi, le kamikaze a ouvert le feu sur Benazir Bhutto à l'issue d'un meeting électoral à Rawalpindi (banlieue d'Islamabad), avant de faire exploser la bombe qu'il portait sur lui, tuant au moins 20 personnes. Mais sur la mort de Benazir Bhutto elle-même, deux versions s'opposent. Selon le gouvernement, Benazir Bhutto a été tuée par un choc à la tête en heurtant le levier du toit ouvrant de sa voiture, pour éviter les balles de l'agresseur. Aucune balle n'aurait touché Benazir Bhutto. Mais les partisans de l'ex-opposante soutiennent qu'elle a été touchée par une balle à la tête. Autre source d'interrogations, les auteurs de l'attentat. Hier vendredi, le gouvernement a accusé Al-Qaïda sur la base d'un appel téléphonique dans lequel Baïtullah Mehsud, le chef présumé d'Al-Qaïda au Pakistan, félicitait un de ses hommes après l'attentat. Mais ce dernier a fait savoir samedi par l'un de ses porte-parole qu'il n'était «pas impliqué dans cet attentat». «C'est un complot du gouvernement, de l'armée et des services de renseignements» accuse-t-il, assurant même qu' «attaquer une femme va à l'encontre des traditions tribales». Le processus électoral «défavorablement affecté» Dans ce contexte, les élections législatives du 8 janvier pourraient être annulées. Le processus est «défavorablement affecté» par les violences, a admis samedi la commission électorale qui tiendra une réunion spéciale lundi. Le parti de Benazir Bhutto dira lui dimanche s'il participe ou s'il boycotte ces élections cruciales pour le président Musharraf, qui doit s'appuyer sur une majorité pour diriger le Pakistan, république islamique de 160 millions d'habitants. Un haut responsable du parti au pouvoir a estimé que le scrutin n'aurait «aucune signification» sans le PPP. L'autre principale formation d'opposition, de l'ancien Premier ministre Nawaz Sharif, a déjà annoncé son intention de boycotter. http://www.liberation.fr/actualite/monde/300853.FR.php © Libération
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